Le deuxième forum du financement
de l'Innovation et de la Compétitivité
a remporté un succès certain
par Jacques R. LORNE
Après une première qui s'est déroulée à Lyon le 7 mars dernier, réunissant plus de 400 participants, le Forum s'est installé à Marseille au Palais des Congrès du Parc Chanot. Le thème choisi pour cette journée très spéciale correspond bien au besoin de notre région en terme de compétence, puisqu'il rassemble tous les acteurs de la microélectronique, des télécommunications et du multimédia, autour du pôle de compétitivité " Solutions Communicantes Sécurisées " (SCS), reconnu comme projet " d'intérêt mondial".

L'ensemble du monde de l'innovation s'est pressé à ce rendez-vous, soit pour présenter un projet, soit pour écouter, mais surtout pour rencontrer d'autres acteurs afin de faire valoir leur projet auprès des investisseurs et banques d'accompagnement présents qui, il faut le dire, étaient nombreux. Le forum a accueilli plus de 600 visiteurs, ce qui laisse augurer du succès de la manifestation. Tout ce qui compte dans les milieux financiers et de la microélectronique étaient venu pour écouter François Loos, Ministre Délégué à l'Industrie, qui n'a d'ailleurs pas manqué de noter le dynamisme de notre région dès l'attaque de son discours. En effet, en ouvrant la séance sur " Je suis heureux d'être ici à Marseille pour cette deuxième édition des Forums de l'Innovation et de la Compétitivité, autour du pôle Mondial des " Solutions Communicantes Sécurisées " et de trois autres pôles : le pôle Mer-PACA à vocation mondiale lui aussi, le pôle Gestion des Risques et Vulnérabilité des Territoires et le pôle Optonique et Photonique Sud ", sans oublier de rajouter, pour bien spécifier l'importance de la région dans le domaine de l'innovation et de ses retombés : " Il ne me revient pas de présenter ces pôles, centrés principalement autour de Sophia-Antipolis et de Rousset, mais pas uniquement. Ce pôle a une envergure incontestable puisqu'il peut se flatter de 6500 personnes travaillant dans la recherche et le développement et de 1200 chercheurs publics, auxquels s'ajoutent plus de 1500 docteurs et ingénieurs formés chaque année. "
Si le ministre a un peu oublié dans son discours le site de Gap, où il se passe beaucoup de choses intéressantes notamment en ce qui concerne les nanotechnologies, on ne lui en voudra pas car il n'est pas le seul à le faire. Par contre, on peut apprécier l'initiative prise, comme il l'annonce de suite après, " Parce qu'on innove moins bien tout seul, nous souhaitons encourager la recherche coopérative, particulièrement public/privé - c'est d'ailleurs le but des pôles de compétitivité." Il y a aussi une autre ouverture qui a son importance, comme le déclare François Loos : " D'autre part, nous avons entrepris d'aider les PME à grandir, et nous facilitons leur accès aux financements et à des marchés. " Car celle-ci concerne directement la plus grande partie du secteur économique de la région Provence Alpes Côte d'Azur, les PME et même les PMI, qui grâce aux mesures en cours devraient pouvoir être en mesure, à plus ou moins brève échéance, de se projeter dans le long terme et la pérennisation. Pour cela il est essentiel qu'elles trouvent en France un environnement favorable à leur développement et des actionnaires prêts à les accompagner dans la durée. Il est vrai, sur le plan financier, que le crédit d'impôt recherche est une bonne chose, mais il serait peut-être bon de se pencher encore un peu plus sur la simplicité, en essayant de rassembler l'ensemble de l'outil financier pour qu'il devienne plus convivial, et la décision du 9 mars dernier mettant face aux porteurs des pôles un interlocuteur unique pour les crédits de l'Etat et un financeur unique, va dans ce sens. Même si certains pourront prétendre que ce n'est pas assez, c'est malgré tout un très bon commencement… Mais il faut toutefois reconnaître qu'une telle initiative n'avait jamais été prise et surtout jamais appliquée et ce par aucune des instances dirigeantes du pays qui jusqu'à présent avaient plus l'habitude de prendre aux entreprises que de donner. De plus, l'initiative actuelle est originale car elle permet effectivement de mettre en relation des entreprises qui jusqu'à présent s'ignoraient et qui demain réussiront ensemble. C'est pour le milieu économique régional un grand et beau challenge qu'il faut à tout prix concrétiser. Mais pour que le succès soit total, il faudra parvenir à ce que les leaders, les locomotives de l'économie, apprennent à tirer le wagon des PME, en les aidant à faire le premier pas pour qu'elles puissent devenir de véritables partenaires. Pour cela il faudra respecter l'éthique qui veut que les associations de compétences soient faites sous le signe unique du " Gagnant/Gagnant ", tant sur le plan de l'effort que sur celui du profit. L'avenir et la pérennité de notre économie régionale en dépendent.

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11 April, 2007