Le Pôle Mer PACA : Une grande ambition
pour les technologies navales
par Didier GOUT
La dynamique est excellente et il ne faut pas qu'elle s'essouffle, comme une vague qui se retirerait en fin de course. Lancé officiellement le 9 septembre 2005, à l'occasion de sa première assemblée générale, le pôle de compétitivité Mer Provence-Alpes-Côte d'Azur - un pôle parmi les soixante-sept qui sont créés sur tout le territoire français, à l'initiative des pouvoirs publics, pour " booster " l'innovation en faisant coopérer localement les entreprises et la recherche - a réussi son premier pari, celui du démarrage.
Avec 200 participants - 135 industriels et 63 laboratoires de recherche, écoles et universités - et 62 projets en cours d'instruction pour près de 200 millions d'euros de dépenses R & D dont 26 labellisés pour 100 millions d'euros, la mayonnaise a indiscutablement bien prise. L'ambition du pôle de développer en région Paca une économie d'envergure internationale en pariant sur les technologies navales, est, en effet, particulièrement fédérateur dans les trois départements maritimes de Provence-Alpes-Côte d'Azur : le Var qui représente la moitié des membres du pôle, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. La mer joue un rôle très important en Paca : avec 60.000 emplois directs vivants de la mer, avec des entreprises telles que DCN, CNIM ou Thales, ECA…, avec 2.200 emplois dans la recherche publique, notamment à l'IFREMER, Institut français de recherche et d'exploitation de la mer, avec Toulon, le premier port militaire de France, Fos-sur-Mer, le Port autonome de Marseille, 132 ports de plaisance, le fort impact du tourisme balnéaire… " Le développement de la mer, c'est même un des principaux enjeux des prochaines décennies, avec 70 % de la surface du globe, 70 % des échanges et une bande littorale qui accueille 50% de la population mondiale ", indique Bernard Planchais, qui préside le pôle et qui est aussi en charge du projet de rapprochement de DCN et Thales après avoir été directeur de DCN Services Toulon. " Le pôle mer en réunissant tous les acteurs de l'industrie de la mer dans la même région, leur permet de mieux se connaître, leur apprend à travailler ensemble avec l'assistance des laboratoires, avec une prise en compte de leurs besoins par les organismes de formation … ", indique Guénaël Guillerme, le PDG d'ECA, société qui conçoit et fabrique des systèmes navals et qui participe à dix projets du pôle, avec près de 600 personnes dans le monde, dont 200 en région Paca, un effectif total qui a doublé en l'espace de 5 mois par plusieurs acquisitions. " Les technologies de la mer sont diffuses, elles concernent à la fois beaucoup d'entreprises et d'organismes, avec le pôle on se rend compte de leur dimension mondiale ; quant aux PMI, elles accèdent ainsi à une communication de niveau mondial, en participant à des salons internationaux, par exemple à l'Offshore Technology Conference (OTC) "
Un comité commun pour valider les projets, jumelé avec celui de Bretagne
La gouvernance du pôle est en place et les projets de coopération se multiplient. Au sommet de cette organisation, un comité commun de coordination réunit le Pôle Mer PACA et le Pôle Mer Bretagne jumelés pour avoir plus de poids dans la balance de l'innovation maritime. " Ils disposent dans leur sein de la majeure partie des entreprises et des organismes de recherche de leur domaine ", indique Bernard Planchais. Ce comité commun valide les projets pour éviter leur redondance et favoriser leur complémentarité. Juste au-dessous de celui-ci, deux comités de pilotage, celui de pôle PACA et celui du pôle de Bretagne. Celui de Provence-Alpes-Côte d'Azur est composé de 19 membres, avec autant de représentants pour les grandes entreprises que pour les PME-PMI et les centres de recherche et de formation. Des groupes de travail sont créés autour des thèmes de recherche et d'innovation du pôle autour de deux grands axes : la sécurité sûreté et le développement durable. Ces thèmes sont au nombre de cinq : la sécurité et la sûreté maritimes, l'ingénierie, la maintenance et les services navals, l'environnement et le génie côtier, l'exploitation et la valorisation des ressources biologiques marines, l'exploitation des ressources énergétiques marines... Chaque groupe de travail d'une trentaine de participants est chargé de faire émerger des projets coopératifs, qui doivent passer ensuite sous les fourches caudines de l'expertise menée par l'équipe d'ingénierie et d'animation du pôle, sous la houlette de Patrick Baraona, directeur du Pôle Mer Paca au sein de TVT, Toulon Var Technologies. Ces structures une fois mises en place, leur fonctionnement a atteint sa vitesse de croisière. L'ambition du pôle de doter la région d'une économie maritime de grande envergure avec la perspective de créer près de 8.000 emplois nouveaux, devient donc jouable. Ses enjeux sont maintenant plus crédibles : " booster " l'innovation technologique ; consolider les industriels de la région ; favoriser l'émergence de PME-PMI ; renforcer les acteurs régionaux dans la perspective de la construction d'une industrie européenne navale de défense, attirer de nouveaux investisseurs, avec notamment l'idée d'une zone d'activité réservée aux entreprises spécialisées sur la thématique de la mer, que soutient la communauté urbaine de TPM, Toulon Provence Méditerranée, présidée par Huber Falco, sénateur-maire de Toulon, qui est également à la tête du comité d'orientation stratégique du pôle. Les objectifs du pôle deviennent envisageables à un horizon de trois à cinq ans : devenir un acteur majeur du "Homeland Security ", qui a pour but la sécurisation du territoire maritime ; développer une offre globale de produits et de services innovants en matière de disponibilité et de sécurité des moyens navals, militaires, de grande plaisance, de l'offshore ; être reconnu au niveau mondial comme un centre d'expertise dans la connaissance et la maîtrise du milieu marin et des risques environnementaux ; être un pôle d'excellence dans les technologies sous-marines...
La multiplicité des projets témoigne de la dynamique en place
Avec en particulier deux thèmes qui se dégagent très fortement dans le pôle Paca, ceux de la sécurité et sûreté maritimes et de l'environnement. Dans le premier thème, on trouve trois projets phares ... SECMAR, pour Sécurité des biens, des personnes et des installations présentes dans une zone maritime sensible, mobilise près de 20 millions d'euros. Ce projet veut apporter une réponse concrète aux menaces terroristes venant de la mer et visant un site sensible près des côtes. Il est piloté par Thales Underwater System, la branche sonar du groupe d'électronique de défense, qui comprend 750 personnes sur le site de Sophia Antipolis. Autres partenaires, Communication et Systèmes, Degreane Horizon, ECA, Cybernetix, les laboratoires de mathématiques appliquées de l'Ecole des Mines de Paris à Sophia, de l'ISEN, Institut supérieur d'électronique numérique de Toulon, les équipes du LSEET, Laboratoire de sondages électromagnétiques de l'environnement terrestre de l'Université de Toulon et du Var, et le Port autonome de Marseille où sera expérimenté un pilote. " Il s'agit de mettre au point des familles de systèmes pour protéger les terminaux pétroliers, les raffineries, les bases navales et les ports dans leur ensemble, en recourant largement à l'optronique, aux radars, aux hydrophones, à des senseurs très variés… ", précise Bertrand de l'Epinois, directeur des études sonar de cette division de Thales. " C'est un marché qui émerge depuis les attentats de New York du 11 septembre et du destroyer américain l'US Cole, au Yémen, avec des industriels qui commencent à proposer des briques de solution sans disposer encore de produits complets", remarque-t-il.
CAPASEATY est le second gros projet structurant du pôle. Avec 50 millions d'euros de recherche et développement, c'est même le plus lourd par sa taille. Il rassemble 37 partenaires et 7 laboratoires de recherche et est piloté par DCN Morillon, avec près de 800 personnes, dont 80 % d'ingénieurs et cadres, spécialisés dans le CMS, le Combat Management System. Ce projet a aussi pour objet la sécurité, mais élargie à une bande de mer beaucoup plus large, 200 miles nautiques, soit près de 400 kilomètres, la zone d'exclusivité économique, en y incluant tous les types de risques : de la pollution accidentelle à la prévention des trafics illicites, aux menaces terroristes… " Au cœur de ce
projet, on trouve le radar haute fréquence transhorizon - il peut atteindre une portée de 400 kilomètres malgré notamment les problèmes de détection liés à la rotondité de la terre - et aussi tous les systèmes informatiques les plus évolués de traitement de l'information ", confie Pascal Gambiez, le directeur de DCN Morillon. Ce radar est développé par Diginext, à Aix-en-Provence, spécialiste des liaisons tactiques. Il fait appel à une technique, le multistatisme, pour détecter les risques sur une vaste étendue en associant plusieurs radars placés en réseau le long des côtes. Pour comparer, la portée des radars des navires de type frégate est limitée à un grand maximum de 150 kilomètres, avec une incertitude largement moindre que pour le radar transhorizon. Il doit lui pouvoir détecter des menaces très variées, allant d'une simple barque transformée en engin de mort à un navire de commerce apparemment tout aussi inoffensif. Il s'appuiera sur l'intelligence artificielle pour traiter ces menaces moins connues et plus diversifiées en faisant appel aux compétences de SSII bien implantées dans la région telles que Sopra et Atos.
Des drones et des bouées pour capter l'information
Deux autres exemples de technologies intéressantes au sein de CAPASEATY : des drones de surface développés par les sociétés Bertin et ECA avec deux études en compétition, l'une d'un engin bon marché et l'autre privilégie un drone robotisé d'une dizaine de mètres de long, l'équivalent du drone pneumatique Spartan des américains, pour recueillir de multiples informations au cœur d'une zone hostile. Autre exemple, celui d'une bouée de communication par satellite imaginée par la société BMTI. Equipées d'un récepteur AIS, Automatic Identification System, plusieurs bouées de ce type permettront de créer des barrières d'identification pour la surveillance du trafic, une fois bien sûr que tous les navires de 17 mètres seront dotés d'un détecteur AIS, ainsi qu'une norme l'exige. Toujours dans la sécurité sûreté, le projet SYREN est l'exemple d'un projet conduit par une PMI : Insilio. Formée de cinq personnes issues de Gemplus, cette petite société veut appliquer à la plaisance les technologies de reconnaissance optique et de RFID d'identification par radiofréquence, afin de mettre en œuvre un système automatique de suivi des entrées et sorties dans les ports de plaisance et identifier ainsi les bateaux dits " ventouse " mais aussi les fraudeurs, avec intégration à l'arrière de chaque navire d'une fiche signalétique de type Tag, une étiquette électronique, dont les informations doivent être lisibles à plus de 150 mètres de distance. Un démonstrateur est attendu en 2007 avec deux ports pilotes envisagés pour tester les solutions : ceux d'Hyères et de Bandol. L'environnement est le second thème qui se dégage du Pôle mer PACA, avec des projets très nombreux. Ceux menés par Veolia Eau et ses partenaires, notamment l'IFREMER, Le CNRS, Météo France, la société ACRI… sont particulièrement concrets, tant la pression sur la ressource en eau est de plus en plus forte et le rejet des polluants en mer inacceptable. Le projet GIRAC cherche à connaître en temps réel l'impact des rejets sur le milieu marin côtier. Avec les difficultés propres à la création d'un modèle qui couple les modèles marins côtiers et terrestres pour l'écoulement des canalisations et des rivières. L'idée de départ ? Mieux évaluer les rejets en mer en temps de pluie afin de les limiter au strict minimum. Quelques illustrations de questions auxquelles ce projet pourrait apporter des éléments de réponses : " Un tuyau déverse 500 mètres cubes par heure sur une plage pendant trois heures de temps, sera-t-elle polluée ? " - "Qu'apporte l'investissement d'un bassin de stockage ? " - "Pour telle dépense qu'est-il possible de faire ? "... énumère Laurent Hette, directeur de l'agence Veolia Eau de Toulon qui emploie 135 personnes. " Nous savons pratiquer des prévisions à trois jours avec plusieurs scénarios envisageables mais nous n'avons pas encore accès au temps réel, car les calculateurs ne travaillent pas assez vite, en raison du nombre et de la complexité des calculs, et nous ne disposons par du réseau de capteurs adéquats… ", ajoute-t-il.
La réutilisation des eaux épurées pour l'arrosage des terrains de golf
Une difficulté supplémentaire résulte du " calage " des modèles, afin que la description mathématique soit représentative de la réalité et qu'elle tienne compte des spécificités de la Méditerranée et de La Manche, d'un côté la prédominance du vent, de l'autre des marées… L'objectif des modèles temps réel est de pouvoir prendre des mesures adéquates au bon moment. " Par fortes pluies, la consigne est de fermer l'accès à toutes les plages. On voudrait pouvoir n'interdire que celles qui le nécessitent ", explique-t-il. Autre exemple, REGAL, pour Réutilisation et gestion active des nappes littorales, possède deux axes de recherche. Le premier concerne la réutilisation des eaux épurées, comme c'est pratiqué depuis 2005 sur la commune de Sainte-Maxime où de l'eau de la station d'épuration est prélevée après traitement ultra-violet pour arroser un terrain de golf. Un pilote est prévu sur La Plaine de La Garde, à l'Est de Toulon. L'idée est de réutiliser les eaux épurées pour de l'arrosage ou de la recharge de nappe. Une technique pratiquée à grande échelle à Berlin mais aussi en Namibie, où ces eaux usées représentent 30 % des eaux potables de la capitale africaine. En France, le Comité supérieur d'hygiène publique, peu sensible à cette méthode, sans doute car l'eau douce y est abondante, paraît aujourd'hui davantage prêt à observer les résultats de ces expérimentations. Le deuxième axe du projet REGAL s'applique à la gestion et à la réalimentation des nappes côtières par injection dans les nappes des eaux usées, une fois traitées, pour éviter leur pénétration par les eaux salées, un phénomène fréquent avec la surexploitation de ces nappes. C'est par exemple le cas à Hyères avec une eau saumâtre difficile à exploiter et où sera réalisé ce pilote, à Porquerolles également où avec 0,500 grammes de sel par litre la norme de 0,250 grammes est largement dépassée et où l'exploitation de la nappe a été arrêtée depuis peu pour privilégier l'approvisionnement par bateau. Toujours en matière d'environnement, le projet RENOUV - EAU, avec Principia, filiale d'Areva, le CEA, Commissariat à l'énergie atomique, vise à coupler la production d'eau potable par désalinisation avec une source d'énergie renouvelable, photovoltaïque dans la région, énergie de la houle en Bretagne, ou énergies thermiques des mers et éolienne… Le projet SHIATSU, Système hautement interactif d'alerte au tsunami, est particulièrement d'actualité. Piloté par DCN Morillon, avec pour partenaires, le BRGM, le bureau de recherche et de géologie minière, l'IFREMER, l'Institut français de recherche et d'exploitation de la mer, Le CNRS et la société ACRI, il prend appui sur l'équipe du professeur Virieux du laboratoire Géosciences Azur de l'Université de Nice, spécialisé dans la maîtrise de la propagation des ondes qui sont liées à un tsunami. Ce projet de 6 millions d'euros a pour objectif de démontrer la capacité de transmettre rapidement, en quelques secondes, une information " qualifiée " à un centre de surveillance. Citons également les projets SHAMASH pour produire des biocarburants lipidiques par des micro algues où intervient notamment l'INRIA, l'Institut national de recherche en informatique et en automatisme, le projet DR00M, pour Démonstrateur régional d'océanographie opérationnelle multivariables qui repose sur de nouveaux systèmes d'observation, dont des planeurs sous-marins autonomes, pour réaliser des analyses affinées de l'état de la mer ; avec pour partenaires, l'IFREMER, l'Observatoire océanographique de Villefranche-sur-Mer, la société ACRI…
Beaucoup de projets ou trop de projets
Ce foisonnement des projets est sans doute la principale marque de dynamisme du pôle mais qui peut-être également vu comme la preuve d'une certaine faiblesse de jeunesse… Trop de projets risquent en effet de tuer les projets. " C'est sans doute là un point du pôle où il faut être particulièrement vigilant ", indique Claudine Bodet, directrice générale de BMTI. " Le dynamisme du pôle mer est incontestable. Les PME, qui y représentent plus de la moitié des entreprises, réussissent à s'intégrer sans problème majeur dans de grands projets, mais il faut recadrer et ne pas hésiter à élaguer ". Son message est clair. " Il y a aujourd'hui trop de projets dans le pôle et ce serait mieux de s'axer sur quelques-uns plus forts, en évitant les labellisations qui peuvent apparaître un peu complaisantes pour avoir davantage de chances de financements ", ajoute-t-elle. A l'heure actuelle, ce problème des financements est le principal point faible du pôle mer mais qui semble commun à l'ensemble des autres pôles de compétitivité. La limite des financements actuels malgré les promesses initiales des pouvoirs publics, la complexité des procédures…, sont soulignées par presque tous les interlocuteurs. A l'exception notable de Guénaël Guillerme, PDG de la société ECA, pour qui la mise en place des financements étatiques n'a jamais été très rapide et qui considère que cette prudence est normale car de tels investissements sont importants. Les autres interlocuteurs voient là un risque d'essouffler rapidement le dynamisme qui existe.
Dans l'attente de financement pour une majeure partie des projets
C'est ainsi que sur 26 projets labellisés pour le Pôle Mer PACA, quatre d'entre eux seulement ont obtenu des financements, deux par le FCE, le Fonds de compétitivité des entreprises, et deux autres par le CEPM, le Comité d'études pétrolières marines. Mais une vingtaine de demandes de financements sont encore au stade de l'étude : douze auprès de la région, cinq auprès de l'ANR, Agence nationale de la recherche, trois de l'ANVAR, Agence nationale et de valorisation de la recherche, une auprès de l'AII, Agence de l'innovation industrielle. Les aides obtenues ne représentent encore que 4 millions d'euros sur les 10 millions d'investissement pour ces quatre projets financés. 4 millions pour un programme qui veut mobiliser 200 millions, c'est encore très peu. Pour Patrick Baraona, directeur du Pôle Mer PACA, " le niveau des aides du FCE, qui atteindra 175 millions d'euros en 2006 pour l'ensemble des pôles, nécessite de trouver d'autres sources de financements, au niveau régional, national et européen… Nous réfléchissons même en complément à des financements privés du type fonds d'investissements". Côté positif, le travail en réseau fonctionne bien. " Les PME ont accès aux grands groupes, cela développe les affaires entre eux même si ce n'est pas nécessairement de la R & D qui est concerné par ces échanges ". L'idée de pôle de compétitivité demeure indiscutablement une bonne approche. Elle est soutenue par l'Europe à travers la notion de " cluster régional ", un lieu d'information et d'échanges chez les Anglo-saxons, auquel les Français ont rajouté une forte composante projet de recherche et d'innovation. Europe de plus en plus consciente des perspectives que représente la mer. Elle vient, en effet, de publier un livre vert sur la politique maritime de l'Union, qui fixe ses grands objectifs en matière maritime et dans lesquels le pôle mer veut inscrire sa stratégie. A signaler aussi un autre point positif pour le Pôle Mer Paca, la création récente du groupement OCEANOMER. " Il fédère les acteurs de la recherche - le centre océanologique de Marseille, l'IFREMER, l'Université de Sud Toulon Var, l'observatoire de Villefranche-sur-Mer, le CEREGE, Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement…- pour mieux coordonner leurs programmes et mutualiser leurs infrastructures afin que la recherche prenne une part plus active au sein pôle mer ", note Gérard Riou, directeur du centre de Méditerranée de l'IFREMER qui comprend 250 personnes sur plusieurs sites : à la Seyne-sur-Mer, sur les stations de Sète, de Palavas, de Bastia… Les pôles, c'est une idée qui ne demande finalement qu'à s'épanouir, bien sûr à condition que les financements soient à la hauteur des projets, mais également que leurs acteurs fassent preuve aussi d'un peu d'imagination. La création de ce groupement, qui va permettre à la recherche d'intervenir davantage dans l'évaluation des projets et au conseil scientifique du Pôle Mer Paca, démontre qu'il suffit parfois d'un peu de volonté pour coopérer plus efficacement et multiplier les retombées de la recherche sur l'activité économique.
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11 April, 2007