Les 7èmes Rencontres Euro-Méditerranéennes
ont planché sur un grand sujet d'actualité

par Jacques R. LORNE

En prenant comme thème " Gestion des Risques et Vulnérabilité des territoires, pour un développement durable " les organisateurs de cet évènement ont touché un point sensible qui doit préoccuper l'ensemble des peuples immédiatement. La gestion des risques s'avère être, à l'heure actuelle, le sujet le plus important de la planète, car au moment où des rumeurs persistantes laissent entrevoir une approche de l'avenir peu emballant à cause de son réchauffement et des perturbations qui risquent de l'accompagner, de véritables questions se posent.

La vulnérabilité des territoires est atteinte et elle met l'accent sur les dangers de la non-observation de certaines règles qui rentrent plus ou moins dans le schéma du développement durable. La pollution en Méditerranée s'accroît, mettant en danger les espèces animales, végétales et humaines et il est grand temps d'en prendre conscience et de mettre un terme à ce phénomène qui pourrit notre eau, contamine notre air et rend dangereux notre environnement. Un de ces fléaux est représenté par les déchets, nombreux, de toutes sortes, industriels ou ménagers, quel qu'ils soient ; ils perturbent tout notre environnement et deviennent menaçants à terme. Franco Bottiglioni, Président de la Chambre de Commerce Italienne pour la France à Marseille, n'a pas caché cette menace dans son discours d'ouverture, au contraire lorsqu'il lança devant les participants " La gestion des déchets, de quelque nature qu'ils soient, est au cœur de la problématique des pays industrialisés. Cette gestion est la condition nécessaire, mais pas suffisante pour assurer l'application d'un développement durable efficace" et d'expliquer : " En effet, quand la durée d'utilisation des produits manufacturés est courte par rapport au temps de dégradation des déchets issus de ces produits, il y a accumulation. Il est alors urgent d'intervenir à toutes les étapes. En partant de la conception du produit en passant par le choix des matières premières, des procédés de fabrication et de l'habillage final, afin que la durée des déchets soit la plus courte et le volume le plus petit possible." Avant d'ajouter " Cette démarche est en parfait accord avec les objectifs de Barcelone, qui vise à construire une zone de prospérité partagée par le moyen de la collaboration économique et le rapprochement des peuples de la Méditerranée par les échanges économiques et culturels."

Cette prise de position n'est pas nouvelle. Depuis 7 ans déjà, la collaboration entre la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille Provence et la Chambre de Commerce Italienne pour la France de Marseille a permis l'organisation tous les ans, à des endroits différents de la Méditerranée et sur des sujets très divers mais toujours d'actualité, de débats et de rencontre B to B entre PME et PMI de la Méditerranée. Mais ces sujets ont toujours été choisis en fonction du développement économique et de la conservation de cet habitat fragile qu'est la Méditerranée. En s'adossant cette année à la dynamique d'un pôle de compétitivité " Gestion des risques et vulnérabilité du territoire pour un développement durable " dont le cœur se situe sur la technopole de l'Arbois, les rencontres se présentent comme un lieu d'information et d'ouverture sur un monde dont l'existence dépend de notre bonne volonté. Elles sont là aussi pour fédérer et dans cette optique, celles-ci ont tenu leur promesse. En effet c'est au cours d'une sympathique cérémonie, que fut signé un accord de collaboration entre le pôle de l'Arbois et le pôle napolitain " AMRA ", confirmant ainsi une approche partenariale entre la région Provence Alpes Côte d'Azur et la Campanie. C'est une signature importante, dans le sens où elle prouve qu'à chaque rencontre de la Méditerranée, un lien se crée et apporte une pierre à l'édifice de la construction méditerranéenne.

La compréhension du développement durable passe par l'éducation

Que l'on parle de déchets solides ou liquides, de pollution de l'air (CO≈) de l'eau (détergents ménagers ou pesticides agricole), de la mer (Plastiques, déversements d'égouts, rejets de gasoil et autres) chaque acte est une blessure mortelle pour notre environnement présent et pire encore pour les générations futures. Pour que leur avenir ne soit pas empoisonné, il faut absolument réagir. À cet effet, Jean Vergnes, consultant UNESCO et conseiller scientifique au RMEI France, a présenté une situation de l'état de l'environnement actuel, touchant à la Méditerranée, qui sans être vraiment pessimiste, est très alarmant. Son discours tournant autour d'une meilleure compréhension du développement durable, apporta une conclusion, qui sans être révolutionnaire, révèle une démarche très pertinente : " Il faut que l'ensemble des nations appuie sur l'éducation des enfants dès leur plus jeune âge, sans oublier de commencer par les adultes et les politiques qui se doivent de donner l'exemple. Car la préservation de l'environnement c'est bien le problème et la responsabilité de tous.

Lorsque Pierre Torres, directeur adjoint du CERDA en Espagne, décrit une situation actuelle des déchets solides dans la zone euro méditerranéenne, en annonçant " la collectivité a besoin de la bonne volonté des citoyens et c'est ce qui est, aujourd'hui, difficile à obtenir ", il rejoint tout à fait la vision de Jean Vergnes. Il apporte un léger bémol en mettant en avant la logique des ressources, qui estime qu'il n'y a pas de déchets, mais des produits, pour la plupart utilisables, qui peuvent apporter, sous différents aspects, un concours à la production d'énergie. Les déchets biodégradables contribuent aussi à assainir une situation environnementale. Mais pour atteindre des objectifs significatifs rapidement, c'est une autre histoire, car le système progresse, mais il est encore trop lent. En attendant, le monde des chercheurs espère pouvoir diminuer les déchets grâce à l'innovation technologique, et dans ce sens il y a beaucoup de chemin à faire. En effet, il n'y a pas actuellement de véritable technologie pouvant apporter dans un temps restreint des solutions au problème, même si quelques études démontrent une possibilité d'ouverture vers l'optimisme, avec du temps… Une des solutions réside peut-être dans la volonté des fabricants à produire des produits durables, si c'est possible et si cela ne porte pas tort au développement des entreprises, afin que les consommateurs jettent moins, cela serait déjà un résultat. Il faudra certainement, pour y arriver, introduire dans la chaîne la société de la connaissance. La solution peut aussi venir d'une meilleure approche des risques environnementaux et l'intervention de la représentante de l'ONUDI, Petra Schwager, va dans ce sens... il s'agit d'un programme créé spécifiquement, appelé " les entreprises propres " comprenant plusieurs axes notamment un programme d'entraînement, contenant des cibles bien déterminées. Il y a une sélection des compagnies afin d'intégrer uniquement celles qui sont susceptibles de répondre favorablement aux exigences requises, ensuite on les oriente vers les technologies qui vont leur permettre d'élaborer des productions propres. Le dessein de la manœuvre étant d'arriver à lier la stratégie du business en tenant compte de son impact sur l'environnement. C'est directement la mise en responsabilisation des services de production de l'entreprise. Naturellement ce service fait appel au volontariat et résume bien la nécessité de faire participer l'ensemble des acteurs, producteurs, consommateurs vers l'accomplissement d'une nouvelle voie, capable de garantir plus sûrement un environnement sain pour le présent et le futur. Cela fait aussi partie de la responsabilisation par l'éducation.

Atmosphère, atmosphère…

Un autre volet préoccupant concerne " la pollution atmosphérique " c'est la professeur de l'Université de Kocaeli en Turquie, Deniz Veli, qui fit un point de la situation actuelle en Méditerranée, et il n'est pas très réjouissant non plus. Il faut savoir que la politique de l'Union Européenne, sur ce sujet, concerne la sauvegarde de tous en promouvant l'amélioration de la qualité de l'air pour la protection du salut de l'Humanité. Elle défend l'idée de l'utilisation calculée et rationnelle des ressources naturelles et fait la promotion sur le plan international des mesures destinées à résoudre le problème de l'atmosphère au niveau régional et mondial. Cette décision, qui fait partie d'un décret, comporte plusieurs principes. Tout d'abord, les actions préventives incitant à la " production propre " et d'autres actions tendant à prévoir plutôt que de corriger, le principe de précaution qui vient de suite après est important dans le cadre de la prévention, la protection de haut niveau, l'intégration en font partie. L'intégralité de la requête doit s'intégrer avec les autres politiques européennes.

La recherche, une priorité pour l'Union Européenne

Philippe Masset, chef du département des programmes et projets internationaux à l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) a expliqué, lors de son intervention, le programme de la relance de la stratégie de Lisbonne, intitulé: "Triangle de la connaissance ". C'est de ce point de vu là, encore l'éducation qui est au sommet de la pyramide, même si les piliers sur lequel elle repose sont la recherche et l'innovation. C'est sur ce triangle que devrait s'appuyer l'ensemble des acteurs européens, pour créer de la croissance, de l'emploi, promouvoir le développement durable, conforter la santé, augmenter la qualité de vie et combattre la pauvreté. Mais tout cela a un coût. Le Programme Cadre de Recherche et de Développement (PCRD), intervient sur le sujet du financement, pour la période de 2002-2006 il proposait une enveloppe globale de 17,9 milliards d'euros. Jugeant qu'il fallait aller plus loin, le PCRD pour la période 2007-2013 s'est vu gratifier d'une augmentation de 75%, passant ainsi à 50 milliards d'euros, qui sont proposés par le Conseil Européen au Comité de conciliation. Cette décision sera renforcée par d'autres initiatives européennes, avec un objectif prônant une philosophie générale, qui viendra renforcer l'espace européen de la recherche et créer des pôles européens d'excellence. Tout cela devrait aboutir à réaliser la société de la connaissance, qui devrait s'organiser par la collaboration, en déclinant 9 thématiques verticales: Santé - Biotechnologie (alimentation - agriculture) -Technologie de l'Information et de la Communication - Nanotechnologie (matériaux - processus technologique de production) - Energie - Environnement et Climat - Transports - Sciences économiques, sociales et humaines - Espaces et sécurité - Un véritable chantier à mettre en place, ce qui demandera certainement un peu de temps, mais qui s'avérera certainement profitable à l'ensemble des acteurs et des populations, notamment en ce qui concerne l'environnement. Naturellement cet objectif ne peut se réaliser s'il n'y a pas une coopération internationale complète et de nouvelles règles financières. La réflexion et la construction du projet sont sur la table, reste maintenant à faire en sorte qu'il devienne applicable. Ensuite, il faudra faire beaucoup d'efforts de communication et d'accompagnement pour intégrer les PME/PMI à cette philosophie, (élaborée en partie pour eux), cela ne sera certainement pas une mince affaire, mais rien n'est impossible, il suffit de le vouloir, dit-on… Alors…

Une grande réussite, concrétisée par près de 250 rencontres B to B très bien organisées. Des intervenants brillants, des participants ravis, des chefs d'entreprises satisfaits, des organisateurs heureux, il n'en faut pas plus pour confirmer un succès. La réussite d'une telle entreprise, nécessite de la méthode et une grande organisation et à ce titre, il faut remercier l'ensemble du personnel de la Chambre de Commerce Italienne pour la France de Marseille, pour le travail qu'ils ont accompli. Une mention spéciale pour la secrétaire générale Marie Bottaï et pour Franco Bottiglioni, l'heureux président de cette institution, pour le choix du thème et le rassemblement autour de celui-ci, de tous les spécialistes venus de toutes les rives de la Méditerranée… À tous, au plaisir de vous revoir l'année prochaine… devant la merveilleuse et unique baie de Naples.

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Page actualisée le 29 April, 2007