Edito

Bien brave...

par Robert ASSADOURIAN

Il est commun d'affirmer que la   réussite nécessite intelligence, créativité, beaucoup de travail ainsi qu'une analyse critique et objective des moyens humains et matériels dont on dispose. Dans bien des cas ces critères pourtant simples sont négligés par nos Dirigeants, voire nos Concitoyens, qui s'appuyant sur un conservatisme ambiant fait d'habitudes acquises, sur des règles absconses, sur les RTT ou les 35   heures, sur des revendications diverses ... refusent toute évolution. A cela s'ajoute le recours permanent de l'Etat-providence dans la recherche de solutions aux divers problèmes de société.

Le tout favorise l'instauration d'une inertie créatrice faite de mots et de promesses qui conduisent à l'immobilisme. La force tranquille est demeurée et la fracture sociale n'est toujours pas consolidée, tandis que la pression de la rue conduit à des décisions qui apaisent la revendication sans résoudre la question sur le fond.

L'éclosion de tentes rouges à Paris, Lyon ou sur la promenade des anglais à Nice est une provocation compassionnelle orchestrée par « Don Quichotte » devant la détresse des SDF et des mal-logés. Pourtant les pouvoirs publics ne sont pas indifférents au drame des SDF : Un milliard d'euros ont été cette année consacré à l'accueil, à l'hébergement   et à l'insertion des précaires avec 30 000 places d'hébergement supplémentaire en 5 ans et 800 places de « stabilisation », créées depuis septembre.

Pour des raisons complexes telles que le désir de rester libre, le refus des conditions d'hébergement, la promiscuité, les horaires, les interdictions de chien ou de boissons alcoolisées, font que de nombreux de SDF refusent d'occuper les places disponibles. Par ailleurs la vie en tente pose des problèmes d'hygiène, de sécurité et désocialise davantage ces malheureux. Ce refus les coupe encore davantage des structures sociales, qui malgré leurs   imperfections, sont susceptibles de leur trouver un toit et un travail.

  Le droit au logement opposable qui sera proposé, en février prochain, à un parlement en fin de législature ressemble trop à une promesse électorale car il ne deviendra réalité qu'en 2012. Bien des reformes attendent le prochain Président : En effet la simplification des contraintes au niveau des entreprises, le trop complexe Droit du travail, le financement de la protection sociale, la recherche de solution face aux flux migratoires sont autant de problèmes qui interpellent l'électorat.

La proposition de baisse des impôts sur les sociétés qui, de 33% seraient ramené à 20 % en 5 ans, est   pour Jacques Chirac qui intervient dans le débat présidentiel, un pas vers l'harmonisation fiscale européenne. Applaudie par le MEDEF elle laisse sceptique   FO qui parle de dumping social. A ces voeux en forme de promesse il y ajoute la création d'une sécurité sociale professionnelle, un assouplissement du Code du travail, la protection de l'environnement.

  Les intentions de Jacques Chirac sont-elles de recommander ce qu'il n'a pas ou pu réaliser ? De montrer le chemin aux candidats ? Ou bien se veut-il acteur dans la prochaine campagne ? Mais alors quel sera son rôle ?

Les mots plus souvent que les idées, dont la concrétisation reste trop souvent potentielle, encombrent le débat électoral et obscurcissent l'horizon. La lisibilité d'une proposition devient alors difficile à dégager du verbe. La volonté d'une rupture , préconisée par Nicolas Sarkozy qui en outre parle de capitulation sociale à propos des Ardennes, peut conduire à un monde juste voulu par Ségolène Royal, proposition qu'elle illustre avec sa sécurité logement . Pourquoi Jacques Chirac qui veut peser sur la campagne tarde-t-il à préciser sa position alors qu'il multiplie les interventions médiatiques ? La relative confusion est également entretenue par tous les aspirants présidents qui espèrent figurer au deuxième tour.

Pour 2007 nous souhaitons à celui ou celle qui sera élu, et aura conquis la royal bravitude , de ne pas être grisé par la victoire et surtout de ne pas trop attendre pour dynamiser et lancer la France dans le bon sens. Dans le cas contraire, les Provençaux évoquant   la bravitude de l'élu ont un mot, ils le ou la qualifierait alors d' être bien brave  !

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Page actualisée le 27 April, 2007