Pôle de compétitivité P.A.S.S à Grasse :
un parfum d’ouverture et d’innovation

 

Avec 3500 emplois travaillant au sein de 82 entreprises, un chiffre d’affaires de 700 M€, le pôle grassois qui représente 50% du CA national et 10% du CA mondial continue à se développer. Comptant sur l’effet booster des pôles de compétitivité, il espère devenir, à travers le pôle P.A.S.S notamment, le centre d’expertises mondial dans le domaine du naturel et de la parfumerie.

Depuis sa labellisation en juillet 2005, le pôle PASS (50 membres à ce jour) qui regroupe l’ensemble des activités agricoles et industrielles dans les arômes, la parfumerie, la cosmétique et l’agro-alimentaire des Alpes-Maritimes jusqu’à la Drôme provençale a structuré sa gouvernance et déploie un large éventail d’activités d’animation pour sa promotion au travers de manifestations régionales et internationales : réunions en réseau avec les pôles régionaux (Orphème, Capénergie, Fruits et légumes, Trimatec et Cosmetic Valley dans la région de Chartres ), rencontres franco-canadiennes,Centifolia 2006, opération « Provence & Lavande ». Cette dynamique d’échanges interentreprises et Recherche Publique confortée par l’ouverture de son site Internet a ainsi favorisé la détection d’une centaine de projets innovants présentés en avril dernier. Elle a par ailleurs abouti à la labellisation au printemps 2006 de 3 d’entre eux. Le 1er, Immunosearch, start-up dirigée par Hervé Groux et Claude Auriault, a mis au point des biomarqueurs pour le contrôle de l’innocuité des molécules utilisées en parfumerie, aromatique et cosmétique . Le 2ème projet Novo Arômes mené par le Pr.Uwe Meierhenrich et l’établissement Robertet a pour objectif d’identifier et de quantifier les composés non volatils des extraits ; le 3ème, Parfums d’Ambiance dont le chef de file est le laboratoire d’analyses Albhades Provence, vise à améliorer la connaissance des produits de combustion et de diffusion -bougies et encens- pour une plus grande sécurité des usagers.
Le pôle P.A.S.S a pour objectifs de créer plus de 400 entreprises, 50 laboratoires de recherche et 36 centres de formation. Pour stimuler l’activité de R & D, le Conseil Général et la CAPAP à l’occasion de la signature du 1er contrat cadre régional en septembre dernier, ont décidé d’octroyer une aide de 400 K€ supplémentaires à ces starts-ups innovantes dont 200 000 euros accordés à Immunosearch. Pour rattraper son retard dans le secteur de la formation professionnelle longtemps stigmatisé, le pôle azur Provence met en place pour 2007 tout un cycle de programmes spécifiques à sa filière pour mieux répondre aux besoins des industriels et anticiper les attentes d’un marché mondial aux réglementations de plus en plus drastiques en matière de sécurité sanitaire et de respect de l’environnement



Immunosearch : un projet ambitieux freiné par des circuits de décision trop lents

Le projet Immunosearch, labellisé en février 2006 a été retenu en juin 2006 dans le 2ème appel à projets du Fonds de compétitivité des entreprises (FCE) et rejoint ainsi les 68 projets de recherche qui bénéficient d’un financement de 80 M€. Hébergé au sein de l’incubateur PACA Est à Sophia Antipolis depuis le 21 juin 2006, Immunosearch, co-fondée par Hervé Groux et Claude Auriault, conçoit des biomarqueurs pour le contrôle de l’innocuité des molécules utilisées en parfumerie, aromatique et cosmétique. Cette recherche a pour but de mettre au point des études comparatives de modèles de tests in vivo et in vitro sur la peau (irritation, allergie ) et de proposer des méthodes alternatives définissant des nouvelles normes applicables dans ce domaine. Docteur vétérinaire, Docteur es sciences, spécialisation immunologie, ancien Directeur de recherche au CNRS, Hervé Groux est une sommité scientifique. Récompensé pour ses travaux sur le SIDA par un prix de l’Académie des Sciences et pour ses travaux réalisés au US sur la tolérance immunitaire par le prix Hajime (délivré par des prix Nobel en biologie de l’Université de Stanford), il est par ailleurs, auteur de plus de 10 brevets et de 50 publications dont 3 sont parmi les plus citées au monde. Il se lance en 2001 dans la création d’entreprise et fonde une première société de Biotechnologie, spécialisée dans l’immunothérapie anti-inflammatoire : TxCell à Sophia Antipolis. La start-up défraie la chronique en octobre 2004 en réussissant le plus important premier tour de table en biologie dans l’hexagone, soit une levée de fonds de 10,5 M€ . Le nouveau projet ambitieux « Immunosearch » adossé au pôle P.A.S.S, s’appuie sur des partenaires privés et publics, régionaux, nationaux et internationaux. Il associe ainsi des entreprises et industriels notoires (les sociétés IRISPHARMA et Skinethic ,les parfumeurs, Givandan, Firminish, IFF, Mane, Robertet ,des industries cosmétiques telles les groupes l’Oreal , Estée Lauder, ) et une solide équipe d’experts scientifiques en biotechnologie : l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (IPMC- CNRS/UNSA), l’I3S (UMR CNRS-UNSA), l’INRIA. Hervé Groux espère dans un esprit consensuel collaboratif accélérer les phases de R& D dans son secteur d’activités. Ce qui est loin d’être évident. Depuis sa labellisation, la start-up I (5 personnes à ce jour), a été mobilisée à 100 % par la collecte de fonds et de locaux,entravée par la lenteur des procédures administratives, l’absence de réactivité des banques pour débloquer des prêts relais et de versements des fonds consentis… au grand dam d’Hervé Groux. « Nous n’avons pu encore, comme prévu initialement, explique son fondateur,démarré les recherches au sein du consortium créé, bien que déjà opérationnels pour réaliser certains tests alternatifs validés avec nos partenaires. Nous visons le marché des produits de la parfumerie, des cosmétiques, des arômes puis de l’industrie pharmaceutique si nous sommes capables de mettre en place des tests efficaces (sensibles, précis) et bon marché dans un secteur en pleine mutation ! ».
Et c’est là que le bât blesse. Un millier de projets innovants portés par les pôles de compétitivité et financés à 70% de leur montant par les porteurs de projets, représentent un investissement de plus de 10 milliards d’euros en R & D . 6 mois de retard dans leur développement équivaut à une perte financière d’un montant équivalent ! Un handicap majeur dans la course à la compétitivité mondiale, face à la réactivité de la Corée du Sud, des Etats-Unis et de l’Australie. Le sénateur Pierre Laffitte a tiré la sonnette d’alarme lors du 2ème forum mondial des pôles de compétitivité qui s’est déroulé le 17 novembre 2006 à Sophia Antipolis. « « La mondialisation nous impose de conserver nos compétences et de les renforcer pour créer, innover et rester attractif. Il est aujourd’hui urgent, a-t-il énoncé en préambule que nous ayons les moyens de gagner le pari de l’innovation en accélérant la mise en application des projets les plus prometteurs afin qu’ils ne soient pas rattrapés par des projets venant d’autres continents.».

Pôles de compétitivité : Une coopération internationale en marche

La deuxième édition du Forum des pôles de compétitivité dédié aux "Clusters Mondiaux et Pôles de Compétitivité Français" a réuni les représentants des 66 pôles français et les 7 clusters mondiaux majeurs. L’occasion de dresser un an après son lancement un bilan des différentes actions croisées entre pôles, à l’échelle internationale. Ce grand- rendez-vous organisé, à l’initiative de la Fondation Sophia Antipolis et en partenariat avec les Ministères de l ‘Economie des Finances et de l ‘Industrie, des Affaires Etrangères et du CDC Entreprises a permis de mettre en exergue concrètement par pays et par pôle les projets générés par « cette fertilisation croisée » . Les chiffres sont encourageants : une quinzaine de partenariats internationaux ont été conclus par les structures françaises avec les clusters étrangers ainsi que de nombreux accords particuliers portant sur les projets de recherche favorisant ainsi l’accès à de nouveaux marchés, notamment l’Inde (Parc Technologique de Pune) et Israël (avec MATIMOP, Centre Industriel pour la Recherche & Développement Israélien) .
Parmi les accords de coopération initiés, citons ceux contractés entre les pôles Minalogic et les Pays bas, Photonique avec l’Espagne et l’Italie, le pôle System@tic (Aéronautique, Espace et systèmes embarqués) de Toulouse avec le cluster allemand Safetrans et le cluster hollandais Point-One « , le pôle « Agroressources de Picardie avec le pôle hongrois des biotechnologies de Szeged et avec le Canada sur le thème des énergies renouvelables et de la valorisation énergétique, le pôle Gestion des Risques et Vulnérabilité des territoires avec le pôle de compétences AMRA,le pôle Mer dans le domaine aquaculture avec des partenaires norvégiens, canadiens, asiatiques et égyptiens et pour PACA l’accord de partenariat signé à l’issue du forum entre le pôle « Solutions Communicantes Sécurisées et la Fondation italienne Torino Wireless. En cours de labellisation, le pôle Pégase, piloté par Eurocopter, mais dans lequel figure notamment, Alcatel Alenia Space et l’INRIA qui a pour ambition de fédérer la filière de l’aéronautique en PACA, autour de la construction de « machines volantes » particulièrement innovantes. A l’honneur également, le pôle aéronautique Aérospace Valley défendu par Christian Estrosi, Ministre délégué à l’Aménagement du territoire qui ne souhaite pas que soient accueillis sur un même pôle des projets concurrentiels. Sensible aux arguments du Sénateur Pierre Laffitte, le Ministre a annoncé en 2007 deux dispositifs pragmatiques visant à alléger les procédures de financement et à conforter le développement de l’activité R& D des PME innovantes. Soit, un abondement de subventions à hauteur de 30 à 45 % au profit des PME retenus lors du 2ème appel à projets de 2006 du fonds unique ministériel (à la place du dispositif lourd et inopérant d’exonérations de charges sociales) une subvention accordée par l’Oseo-Anvar (le double du régime de droit commun des aides appliqué hors pôles), soit pour les projets labellisés, une aide à hauteur de 40% de leur montant en avance remboursable et 15 % en subvention. Soucieux de protéger par ailleurs, les travaux de recherche et l’innovation technologique des piratages informatiques, le Ministre a par ailleurs annoncé l’instauration d’un programme de sécurité économique financé à 80% par la DIACT et à hauteur de 20% par chaque pôle de candidat. Placé sous le contrôle de l’Institut National des Hautes Etudes de Sécurité (INHES), ce programme propose la mise en place d’une base de données collaborative et d’outils méthodologiques référentiels (logiciels Eris & Mars) développés par la société « France Intelligence Innovation ». Testés en phase-pilote auprès de 5 régions en 2006, ils le seront auprès de 10 nouvelles régions en 2007 et ce afin « de détenir une connaissance exhaustive et dynamique des menaces environnementales et de développer un réseau de sécurité économique régional, visant à concilier un climat de confiance nécessaire entre pôles pour co-innover et co-produire.»

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