DOSSIER : Immobilier

Les déplacements dans l’aire urbaine lyonnaise à l’heure où la métropole accroît son offre immobilière
Par Véronique Terkmani

L’offre immobilière s’accroît considérablement à Lyon, ce qui amène les élus à favoriser l’aménagement harmonieux de l’espace, de la cohésion sociale et du développement socio-économique. Un pari audacieux que compte relever le Grand Lyon, confronté comme bien d’autres agglomérations à la surdensification de son tissu urbain et par conséquent à son réaménagement.
Analyse de situation à deux ans de la livraison de Confluences, Carré de Soie et Cours et Tour Oxygène, les trois nouvelles zones commerciales ou immobilières.

 

Détail de l’offre immobilière

Lyon se transforme. Dans deux ou trois ans, l’agglomération pourra compter avec trois nouveaux sitesqui renforceront le tissu économique industriel et innovant, amplifieront les filières d'excellence high-tech (biotechnologie, images numériques…) et l’offre de logements.
Le sud de la Presqu’île de Lyon tout d’abord, au confluent du Rhône et de la Saône. Une « greffe urbaine » de 150 hectares. Un programme de construction comprenant une première tranche de 1600 logements (soit 3000 habitants), 90 000 m2 dédiés au tertiaire, 120 000 m2 aux commerces, services, loisirs et hôtels. Avec également le musée des Confluences et des espaces économiques ou culturels.
A l’Est, au cœur de la première couronne du Grand Lyon, Carré de Soie, un grand projet d’agglomération sur 500 hectares qui accueillera dans un premier temps une zone commercial de 40 050 m2, un hippodrome, des espaces de loisirs, et plusieurs centaines de logements. Et à terme, 20 000 à 30 000 m2 de bureaux, 100 000 m2 pour des activités économiques, et le siège mondial d’Interpol sur 25 000 m2.
Enfin, à l’épicentre de la ville, dans le quartier d’affaires de la Part-Dieu, la Tour Oxygène et son centre commercial le Cours Oxygène. 28 000 m2 de bureaux dans le premier bâtiment, 17 338 m2 SHON dans le second. Un ensemble de commerces, de services et d’établissements culturels.
Une autre transformation est également programmée pour 2008 à Mermoz, un quartier situé à l’une des entrées sud de Lyon, avec la construction de 270 appartements.

 

L’intermodalité air-fer-route-fluvial

Tous ces aménagements, on l’imagine, doivent nécessairement être articulés aux autres pièces de ce vaste puzzle que constituent les neuf arrondissements de Lyon et les 55 communes rattachées au Grand Lyon.
L’aménagement du réseau de transports est par conséquent une des priorités de la ville, à l’heure ou elle ambitionne de se positionner dans le Top 15 des grandes métropoles européennes, renforçant à cet effet son attractivité économique. « Assurer la fluidité des déplacements tant vers la ville (aéroports, TGV, autoroutes), qu'à l'extérieur de l'agglomération (liaison rapide aéroport centre-ville, extension et maillage des réseaux de tramway et de métro) » tels sont les gages de la cohérence de ces grands projets.
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon, attentive à l’accessibilité du territoire métropolitain, est également force de proposition au nom des entreprises dans ce domaine et pèse sur les décisions liées à l’aménagement du territoire. Elle préconise la valorisation des quatre modes de transport –ferroviaire, aérien, autoroutier et fluvial- et leurs interconnexions dans une logique d’intermodalité air-fer-route, comme des atouts essentiels du développement de la métropole. « L’ensemble de ces orientations doit permettre à Lyon de continuer à assurer efficacement ses fonctions de carrefour européen » conclue-t-elle.

 

Un important projet d’aménagement routier pour densifier les liaisons extra-urbaines

Ainsi la CCI propose-t-elle l’élaboration d’un nouveau plan stratégique des aéroports avec l’amélioration des liaisons autoroutières. Ce qui aurait un impact sur l’A48 - l’autoroute du Dauphiné qui relie l'A43 après Bourgoin-Jallieu à Grenoble, sur l’A432 pour les grands itinéraires nationaux du nord (Val de Saône et Bourgogne) et de l’ouest (Massif Central par A89) vers les Alpes. Cette nouvelle liaison permettra ainsi d’éloigner les trafics de transit de l’agglomération lyonnaise et par conséquent de l’échangeur A42 (Lyon-Genève à l’Est) - A46 (nord-rocade Est). En prévision également, l’A89, une autoroute qui reliera à terme Lyon à Bordeaux via Clermont-Ferrand, et l’A45, avec un projet de doublement de l'autoroute A47 entre Saint-Etienne et Lyon.
Ces aménagements autoroutiers permettront, on l’espère, de faciliter l’accès de la métropole aux décideurs des quatre coins de l’hexagone et d’ailleurs, ce qui n’est pas exactement le cas au jour d’aujourd’hui.

 

Détourner le trafic du centre et optimiser les liaisons routières intra muros

Les réflexions engagées par les élus de la Communauté Urbaine de Lyon visent d’une part à sortir le trafic de transit du centre, d’autre part à assurer la cohérence interne du schéma de circulation, au moment de l’accroissement de l’offre immobilière. Autant de lignes directrices qui sont à l’heure actuelle l’objet de discussions. 
A commencer par la problématique connexion Paris et Lyon (A6) qui traverse la Ville. Le mélange des fonctions transit et local pose en effet problème depuis de nombreuses années. Cet axe déjà saturé par les résidants de la 1ère et 2è   couronne de l’agglomération qui l’empruntent pour accéder par le Sud au centre ville, ou par les riverains plus au nord, pour entrer via le tunnel de Fourvière dans le cœur même de la ville, pourrait être délesté par le Contournement autoroutier Ouest Lyonnais (COL), « une infrastructure autoroutière branchée sur l’A6 au Nord de Lyon et sur l’A7 au Sud de Vienne, passant à l’Ouest de l’agglomération lyonnaise et affectée essentiellement au transit » précise la direction des routes du Ministère de l’équipement, des transports et du logement. Ce qui permettrait en outre de faciliter l’accès de Saint Etienne et de Roanne à l’axe Saône - Rhône.
La réalisation en sus du tronçon ouest du périphérique de Lyon (TOP) est également attendue par les milieux d’affaires, réalisation qui devrait être coordonnée à celle du Contournement Ouest de Lyon. « Le TOP vise à terminer le bouclage périphérique et a une incidence indirecte sur tous les quartiers. Les circulations ouest-est seront d’autre part plus aisées » atteste Gilles Fourt, Conseiller technique au Cabinet du Président du Grand Lyon.

 

Compter avec le développement des transports urbains pour délester les réseaux routiers…

Métro, bus, tramway, trolleybus, TER, vélo, font déjà parti des alternatives à l’automobile.
Mais pour séduire encore davantage d’utilisateurs potentiels des transports en commun (qui pour l’heure font les trajets en voiture) –a fortiori au moment où se recompose l’espace- la Communauté urbaine de Lyon redéploie son offre de transports collectifs. Le plan de mandat 2002-2008 prévoit ainsi le développement  du tramway et du trolleybus au-delà du périphérique, du métro, et investit dans la création de parcs-relais afin de favoriser l’intermodalité entre la voiture et les transports en commun aux abords des villes.
« Le service public des transports collectifs doit viser l’excellence afin d’être attractif et doit proposer une alternative crédible au tout automobile qui congestionne les métropoles. Ainsi nous attachons-nous au développement incontournable des transports péri-ubains » atteste Bernard Rivalta, Président du SYTRAL, Syndicat mixte des transports pour le Rhône.
Carré de Soie disposera donc d’un parking-relais de 400 places de stationnement et de nouvelles connexions avec le tramway et le métro. Le sud-ouest de l’agglomération lyonnaise à hauteur d’Oullins (commune située de l’autre côté du Rhône) sera quant à lui relié au quartier de Gerland par le prolongement du métro. La création d’un pôle d’échanges multimodal complètera ce projet dont la mise en service est prévue en 2013. Enfin, la Confluence bénéficie d’ores et déjà du prolongement de la ligne de tramway.

… Et avec le ferroviaire

Ces objectifs fixés précédemment pour les transport en commun s’appliquent également aux réseaux ferrés. C’est ainsi que le Comité interministériel de l’aménagement et du développement du territoire  (CIADT) du 23 juillet 1999 a demandé " d’engager sans délais les études relatives à un contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise ", afin de favoriser le développement du trafic de marchandises et de répondre à la saturation du nœud ferré lyonnais.
A l’échelle de la région, il est envisagé -pour les voyageurs cette fois- de créer un "RER à la lyonnaise", en associant les départements voisins. Et pour mener à bien ce projet, une halte ferroviaire ouvrira en 2009 à Jean Macé (Lyon 7è).« Elle offrira aux habitants venant du Nord Isère et du Sud une liaison avec le tramway et le métro. Le schéma global d’aménagement prévoit aussi la construction d’une nouvelle série de parcs relais au départ des gares SNCF du Grand Lyon et au-delà » indique le Grand Lyon. De même pour la ligne de chemin de fer Lyon-Givors et pour l’axe  Mâcon-Vienne intégrés au projet REAL (Réseau Express de l’Aire Urbaine Lyonnaise), projet visant à l’amélioration des services offerts sur tous les axes ferroviaires de l’agglomération, notamment par la modernisation de gares en pôles d’échanges multimodaux.