Le Marseille nouveau, c’est pour 2012

Le MIPIM, (Marché International des Professionnels de l’Immobiliers) a cela de bon, on y rencontre les projets du monde entier en deux ou trois jours. Evoluer parmi les stands, plus fabuleux les uns que les autres, pour admirer les merveilles conceptuelles promises pour un autre temps, qui se réaliseront à Singapour ou à Krasnodar, au Bahreïn ou à Londres et Paris, c’est prendre conscience en faisant un rapide tour de la planète, de l’importance des projets, de la créativité et du dynamisme des professions de l’immobilier et de l'appétence des villes etdes pays en terme d’aménagement.

Parmi tous ces grands, et malgré la pensée négative de certains, Marseille n’est pas en reste, même si la magnificence de son stand ne rivalise pas avec ceux des Emirats et autres nantis de l’énergie. En terme de projets elle affiche sereinement ses ambitions et fait preuve de réalisme et de présomption en introduisant dans son discours la transparence des investissements en cours et l’acuité de ceux à venir. Depuis près de dix ans maintenant, l’Etablissement Public Euroméditerranée avance en réalisant un projet sur lequel peu de gens auraient parié tant il paraissait « grandiose » par sa démesure. Actuellement, il l’est véritablement, car transformer près d’un quart de la ville ainsi que sa façade littorale, tout en respectant un environnement précieux, ce n’est pas rien.

La splendide maquette de Marseille, prônant sur le stand, complétait le discours en positionnant les réalisations faites et celles à venir, donnant ainsi une vision pragmatique de ses ambitions. Aussi, nombreux furent les personnages du métier qui lui apportèrent attention et sollicitude. Il faut l’admettre sans détour, le nouveau visage de Marseille, promis pour un avenir proche puisque la plupart des ouvrages devraient être terminés pour 2012, ne laisse personne indifférent. Il faut reconnaître aussi que l’apport de grands architectes pour la réalisation de bâtiments « symbole » comme celui de la CMA-CGM, signé par Zaha Hadid, dont la photo monumentale décorait le stand, ou la fresque des Dauphins et de l’hôtel Mariott sur le projet Euromed Center, dû à Massimiliano Fuskas, n’est pas étranger à cette perception extérieure. Pour autant il ne faut pas négliger le Musée des Civilisation de l’Europe et de la Méditerranée, proposé par l’architecte Rudy Ricciotti, le régional de l’étape originaire de Bandol, et le Centre Régional de la Méditerranée conçu par Stéphano Boéri. Il y a aussi le Silo, transformé sur 13.000m² en salle de spectacle et les 50.000 m² de surfaces commerciales et de loisirs des « Terrasses du Port ».

Toutes ces créations de conception futuriste pour certaines et modernistes pour d’autres, vont contribuer à revisiter complètement et favorablement l’image de la ville. Mais ce n’est pas tout ! La dernière réunion du Conseil d’Administration de l’Etablissement Public a vu Renaud Muselier reconduit à sa présidence, et a déclaré sa volonté de continuer l’extension d’Euroméditerranée en signifiant de nouveaux objectifs correspondants à 10.000 logements, la création de 10.000 emplois net, 500.000m² de bureaux, le tout agrémenté de 40 hectares d’espaces publics et de 100.000 m² d’équipements métropolitains. L’enveloppe totale tourne autour de 3,5 milliards d’euros de financement qui devrait être réalisé dans le cadre d’un partenariat public/privé, à hauteur d’un euro d’engagement public investi générant 4 à 5 euros d’investissement privé. La ligne de conduite est véritablement très ambitieuse, mais c’est ce qu’il faut lorsque l’on veut arriver à modeler ce qui devrait être la représentation de la Citée Méditerranéenne de demain, et Marseille mérite cette référence et même plus, pour peu que chacun y mette du sien.