Le Maroc, le nouvel eldorado
La région Provence Alpes Côte d'Azur qui travaille déjà à la coopération décentralisée avec la région de Tanger - Tétouan, ne peut que se féliciter d'accueillir cette manifestation tant par les opportunités d'investissements qu'offrent le Maroc aux entreprises de la région, que par l'attrait d'une identité culturelle partagée, mais aussi et surtout par la nécessité de nouer des relations avec le monde méditerranéen, dont le Maroc est un des représentants les plus actifs, avec La Tunisie et l'Algérie.
Par Julie Verdier
Aussi, dans le cadre de l'intensification des relations économiques, commerciales, culturelles avec la France, le Royaume du Maroc a entrepris un périple de communication et de promotion: Maroc Hexagone 2007. Cette politique d'attractivité du territoire national émane de l'émergence du pays par ses performances économiques et par l'ampleur des réformes mises en œuvre, pour créer une dynamique d'initiatives qui visent à affronter l'avenir sereinement. Pour cela les objectifs sont nombreux, notamment la mise à niveau des infrastructures, la poursuite de la réforme des institutions, la gestion de l'eau et la mise à niveau de l'industrie et de l'agriculture et la lutte contre les inégalités (désenclavement rural, résorption de l'habitat insalubre, éducation, couverture sociale)...
Des secteurs
en émergence
Investir sur ce territoire qui favorise l'émergence de nouvelles opportunités d'affaires pour les entreprises, en particulier pour les PME, et engager des partenariats se présente comme un atout pour la France afin de développer la compétitivité d'Est en Ouest et intra-communautaire. 38 entreprises du Cac 40 sont présentes sur le sol marocain, et les Investissements Directs à l'Etranger (IDE) qui ont décollé de 500 000 d'euros à 3 milliards en l'espace de dix ans prouvent de l'attractivité et du dynamisme économique grandissant de ce pays, grâce notamment au profond remaniement de son environnement économique et de son ouverture vers le monde. Avec un taux de croissance ne dépassant pas les 8%, un déficit budgétaire inférieur à 3% et un taux d'inflation sous-jacent à 2%, le Maroc témoigne de sa viabilité et de sa stabilité, ce qui le pousse à investir dans divers secteurs pour une performance optimale. Il possède un réseau routier de 57.2 26 Km dont 32.085 revêtus, une infrastructure ferroviaire de 1.907 Km, et une combinaison portuaire composée de 27 ports dont 12 de commerce et de pêche (les principaux sont Casablanca, Mohammedia, Tanger, Dakhla et Nador). Il possède en outre, une chaîne aéroportuaire constituée de 27 aéroports, dont 11 internationaux (les principaux sont Casablanca, Rabat, Fès, Agadir, Marrakech, Tanger et Laâyoune), une structure de télécommunications qui explosent avec 5 millions d'abonnés (fixe et mobile) et l'offre de différents services comme un réseau de transmission de données et Internet. Toutes ces avancées témoignent de la suprématie de ces infrastructures développées et légitime les nombreux projets en cours de réalisation pour accompagner le développement économique du pays. Le plan Azur de développement de stations balnéaires qui espère attirer 10 millions de touristes pour 2010, le port Tanger Méditerranée et le Plan Emergence qui vise de nouvelles directions vers des secteurs à forte valeur ajoutée s'inscrivent dans la longue liste de ces nouveaux projets.
Le Plan Emergence par exemple, concerne 7 secteurs : off-shoring, la sous-traitance industrielle dont l'aéronautique qui regroupe des filiales d'entreprises de premier rang et de très petites entreprises low-cost avec un chiffre d'affaires et des marges faibles. Mais l'investissement de groupes industriels dans les branches de traitement de surface et de mécanique de précision a donné la possibilité au Maroc de développer ce secteur en Europe. Pour cela, le pays pourra s'appuyer sur près de 30 entreprises et pas des moindres, qui y sont déjà installées : Safran, Souriau, Sefcam, Piston, Dion, EADS, Creuzet et Indraero. L'électronique se trouve être une des branches en pleine émergence du secteur industriel qui s'intensifie par le montage de cartes électroniques, les circuits intégrés ou encore les centres téléphoniques. Elle représente 95% de la production totale du secteur, 99% des exportations, 96% des emplois et 93% des investissements. Ce secteur bénéficie de la proximité avec le marché européen et de sa grande capacité d'absorption. Pour les programmes spécifiques, les entreprises peuvent mettre en place des formations internes en partenariat avec les universités et les écoles supérieures du pays.
Autres secteurs du Plan Emergence : l'agroalimentaire qui a généré en 2003 une valeur ajoutée de 17,3MDH, soit le tiers du PIB industriel. Il regroupe 1907 établissements représentant 24% de l'ensemble des unités industrielles, emploie près de 100 000 personnes et connaît des investissements qui s'élèvent à 3,6 milliards de dirhams en 2003, soit le tiers des investissements industriels. Le Plan Emergence touche aussi la transformation des produits de la mer, le textile, l'artisanat et le tourisme.
Des projets tournés vers l'avenir
Le Maroc a conclu des accords de libre-échange avec de nombreux pays, ce qui renforcent les relations et la coopération et facilitent l'intégration de l'économie marocaine dans le précepte mondial. En 1996, le Maroc a signé un Accord d'Association avec l'Union Européenne portant sur plusieurs domaines (commercial, financier, culturel...), établissant une zone de libre-échange entre les deux parties, mais il n'entrera en vigueur qu'en 2012. L'Union Européenne n'est pas le seul champ d'action du Maroc, il a également signé des accords de libre-échange avec les Etats-Unis, la Turquie et les Pays Arabes, en vue de libéraliser et de développer davantage le commerce et l'investissement avec ses principaux partenaires.
Mais les investissements et le développement économique du Royaume du Maroc seraient paralysés sans le facteur humain composant sa main d'œuvre. Celle-ci gravite dans les secteurs en émergence, et doit se renouveler et surtout se former pour rester compétitive. C'est pour cela que la Communauté Européenne soutient à hauteur de 50 millions d'euros la mise à niveau et le développement de la formation professionnelle dans le tourisme, le textile et les technologies de l'information. Le Canada participe lui aussi au financement des mêmes formations, plus l'artisanat, l'administration et les services pour une somme de 10 millions de dollars canadiens. Les jeunes entrepreneurs peuvent aussi concrétiser leurs projets grâce au programme " Moukawalati " qui vise la création de plus de 30 000 petites entreprises pour 2008 avec pour ambition de générer environ
90 000 opportunités d'emplois.
Maroc Hexagone 2007, une visibilité
sur les potentialités de ce territoire
Cependant, le but de cette campagne de promotion est d'attirer un maximum d'investisseurs sur le sol marocain. Désormais de nombreuses réformes ont simplifié les procédures et les lourdeurs administratives de l'investisseur au niveau régional grâce à la décentralisation, à la proximité et à l'unicité de l'interlocuteur. Qui dit encouragement à l'investissement, dit incitations fiscales et douanières et un régime de change avantageux. Le Royaume pratique une exonération du DI et de la TVA à l'importation des biens d'équipement et matériels nécessaires à l'investissement, participe aux dépenses relatives à l'acquisition d'un terrain dans la limite de 20% du coût du terrain, à celles des infrastructures externes dans la limite de 5% du montant global des investissements et aux frais de formation professionnelle à hauteur de 20% du coût de cette formation.