Maroc, une avancée structurelle et libérale pleine de promesses

L'occasion de la présentation de " Maroc Hexagone 2007 " est pour beaucoup d'entre nous le fait de redécouvrir un pays ami avec lequel nos relations ont toujours favorisé la coopération. Pourtant, entre le pays de nos souvenirs et celui qui se présente à nous aujourd'hui, il n'y a plus rien ou presque de commun, en terme d'économie notamment.

Par JR Lorne


En effet, le mouvement global de développement socioéconomique entrepris a fortement influencé l'évolution de ce territoire, même s'il est assez difficile d'avoir une image claire de cette évolution, tant l'hétérogénéité des domaines économiques concernés est importante et que seules des observations partielles sont possibles. Pour mieux comprendre le phénomène, il faut le considérer en terme de régions réparties sur une cartographie socioéconomique segmenté en 5 groupes. Pour commencer, il y a les régions à forte concentration d'activité économique et administrative, formées par les territoires du Grand Casablanca et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer. C'est certainement l'ensemble qui a le niveau de développement le plus élevé, le territoire du Grand Casablanca constituant à lui seul le noyau dur du système productif industriel national. Il forme une plaque tournante pour les régions limitrophes, qui en profitent, et concentre, avec 49% de la production nationale, la majorité de l'activité industrielle, toutes branches confondues. Elle représente aussi 35,3% du volume des exportations industrielles nationale. Ce sont ensuite les régions à vocation agricole de Souss - Massa-Dra et de Marrakech -Tensift - Alhaouz, qui se caractérisent par des potentialités agricoles et des richesses minières importantes. L'industrie agroalimentaire y est prospère et l'activité touristique développée.

Viennent ensuite les régions à développement économique moyen, composées des territoires de Tanger -Tétouan, Fès - Boulemane, Meknes - Tofilalet et l'Oriental. Pour Tanger - Tétouan, la proximité de l'Europe a été très profitable et les efforts accomplis en terme d'infrastructure portuaire et d'installation logistique, notamment, permettent à ce territoire de se positionner en tant que pôle attractif pour les implantations d'unités industrielles. Les régions à faible niveau de développement socioéconomique se situent sur Doukala - Abda, Chaoua - Ouardigha, Tadla - Azilal, Taza - Alhoceima -Touamate et Ghourb - Chrarda - Benihssen. Ces territoires présentent une faible industrialisation de l'appareil productif. Exception faite, toutefois, de l'espace Doukala - Abda, qui constitue un exemple de réussite du redéploiement interrégional, l'activité industrielle ayant profité de la proximité du Grand Casablanca. En effet, elle profite du mouvement de desserrement industriel émanant de cette dernière pour maintenir sa position de deuxième pôle industriel du Maroc. En outre, grâce à son complexe chimique localisé au Port de Jorf Lasfar, elle réalise un taux d'exportation parmi les plus élevés au niveau national (55,9%)



La Privatisation comme axe de développement industriel

Le discours Royal d'avril 1988 a lancé les bases et défini les objectifs économiques et sociaux de la privatisation. Outre la modernisation de l'économie, l'allègement des charges du budget de l'Etat et le développement des échanges internationaux, la privatisation a aussi pour objectif de favoriser la création de nouveaux emplois, d'élargir l'actionnariat à de nouvelles catégories sociales et surtout de stimuler l'émergence d'une nouvelle génération d'entrepreneurs. C'est ainsi que la loi sur le transfert d'entreprises publiques au secteur privé, adoptée en 1989, a permis de lancer le programme de privatisation qui est venu compléter les mesures libérales déjà en vigueur, notamment la libéralisation du commerce extérieur et des prix et l'ouverture de l'économie nationale aux investisseurs étrangers, sans oublier la réforme fiscale qui a fait date. Depuis la première opération réalisée en 1993, ce sont plus de 45 sociétés et 26 établissements hôteliers qui ont été transférés au secteur privé par le biais de 104 opérations de privatisation, pour une recette totale de près de 81,6 milliards de Dirhams. Cet élan qui continu judicieusement depuis, vient d'aboutir par la privatisation de la Comanav, reprise en mai 2007 par la société CMA - CGM troisième opérateur maritime mondial, pour un montant avoisinant les 220 millions d'euros. Cette privatisation, concrétisée en 14 mois, est considérée comme une des plus rapides de l'histoire du Maroc. Le Président Directeur Général de la Comanav, Taoufiq Ibrahimi, a déclaré à l'issu de cette opération qu'elle permettrait à la Comanav de mutualiser ses capacités, ses équipements et ses réseaux de ventes aussi bien au Maroc qu'en Europe. Toujours selon monsieur Ibrahimi, cette privatisation offrirait un nouveau souffle aux capacités d'investissements de la Comanav, à son développement ainsi qu'à sa politique de gestion des ressources humaines. Cet investissement va certainement permettre au nouveau propriétaire de moderniser l'outil et de relancer le trafic de conteneurs, et au Maroc de profiter d'un nouvel élan économique dans une région en plein développement.

En conclusion des opérations de privatisation réalisées jusqu'à présent, il ressort de l'intervention de monsieur Talbi, Directeur des entreprises Publiques et de la Privatisation, lors de la conférence tenue le 17 mai 2007 au siège du MFP, que " Ces opérations ont eu un impact positif sur les investissements directs étrangers, la libéralisation des secteurs concernés et la dynamisation du marché financier. Cet impact positif est perceptible à travers plusieurs expériences réussies, en l'occurrence celles de Maroc Télécom, d'Altadis Maroc et de la Comanav qui vient de se faire. "

Dans son intervention Monsieur Talbi a affirmé que le portefeuille public est constitué de 687 établissements et entreprises publiques qui opèrent dans des secteurs souvent stratégiques, représentant ainsi un véritable laboratoire de vitalité de l'économie marocaine. Le Maroc se
positionne maintenant comme un territoire d'avenir et de développement face à nos régions et à l'Europe, il est grand temps de l'interpréter ainsi et de faire en sorte que nos entreprises le sachent et quelles n'hésitent pas à créer des partenariats forts avec un territoire ami où, pour la facilité, la langue française est encore en usage.