Démarrage des essais sur le modèle physique des nouvelles écluses de Panama

Elément stratégique du commerce mondial, le Canal de Panama est aujourd'hui saturé et ne peut pas faire face, d'une part à l'accroissement du gabarit des navires et d'autre part à l'augmentation du trafic. Dans ces conditions, l'Autoritad del Canal de Panama (ACP) a décidé de créer une 3ème voie de navigation via la construction de nouvelles écluses.


Economiquement c'est une décision plus que justifiée, car le trafic du Canal concerne 32% de l'activité qui tourne autour de ce projet, impliquant près de 72% de la population. Les études de conception de ce projet sont confiées depuis 2002 au Consortium Post-Panamax qui réunit les
compétences de la Compagnie Nationale du Rhône et des entreprises du groupe SUEZ : Technum, Tractebel Development Engineering, Coyne et Bellier. L'objectif des études est de pouvoir faire passer plus de bateaux de plus grand tonnage. Cette extension du Canal doit aussi correspondre à un cadre entrant dans un principe fort de développement durable, et notamment d'économie d'eau, grâce à une combinaison de bassin d'épargne.


La présence de Noberto Delgado Durante, d'Antonio Dominguez Alvarezet et de Roberto Roy, membres de l'Assemblée des Directeurs de l'Autorité du Canal de Panama, et de José De Regge, directeur de projet du consortium Post-Panamax, dans les locaux du Laboratoire d'Hydraulique et Mesure situés sur le Port Edouard Herriot à Lyon, revêtait une importance capitale pour le projet. En effet, c'est là que la maquette représentant la nouvelle écluse a été créée et qu'elle a subi un nombre imposant d'essais pour en arriver maintenant à être validé par les responsables du Canal de Panama présent aujourd'hui. Ces essais consistaient à mettre la maquette d'un bateau de proportion égale à ceux qui vont emprunter l'écluse dans les conditions réelles d'un passage, avec analyse du temps de remplissage et de vidage, études des perturbations dues aux remous latéraux et verticaux, pour anticiper les contraintes générées par les forces transmissibles aux matériels d'amarrage et autres inconvénients.


Michel Margnes, président directeur général de la Compagnie Nationale du Rhône, ne cachait pas sa fierté devant cette maquette en cours de validation, au sujet de laquelle il nous confiait : " Cette réalisation est un challenge technique exigeant pour l'ingénierie de la CNR, mais c'est aussi une référence mondiale dans le domaine de la modélisation physique. Elle marque l'importante compétence de l'ingénierie française sur le projet d'extension du Canal de Panama, qui est l'un des projets d'investissement les plus imposants du continent américain. " Et de conclure :" C'est aussi la dernière étape des études de conception qui ont été confiées au consortium Post-Panamax, dès le début de 2002. "


Après la validation, les travaux devraient commencer fin 2008 et sont prévus pour cinq ans ; la nouvelle écluse devrait fonctionner à partir de 2014. La conjugaison de l'expertise pluridisciplinaire de la Compagnie Nationale du Rhône et des compétences des membres du Consortium a permis au groupe SUEZ de bâtir une solution originale et compétitive, qui consiste à construire, aux extrémités Pacifique et Atlantique du canal, un ensemble d'écluses comprenant chacun 3 sas et 9 bassins d'épargne. Au total, plus d'un an de travail aura été nécessaire pour cette réalisation, qui selon les termes du contrat, sera achevée pour le 31 mars 2008. Il est toujours agréable de savoir que l'association de compagnies françaises et européennes commet de gros œuvres entre l'Atlantique et le Pacifique, dans le cadre d'une meilleure circulation des énormes
porteurs de conteneurs.